Parentalité positive

Le choix d’une activité extra-scolaire

Ça y est, la fin de l’année scolaire approche et bientôt nos enfants pourront se reposer à la maison. Et nous aussi ! Finis les allers retours pour emmener notre bout de chou à son activité extra-scolaire. Deux mois de repos avant de recommencer. Mais pour cela, encore faut-il avoir inscrit notre enfant à son activité pour l’année prochaine ! S’il est grand et l’a déjà choisie, c’est plutôt simple, il fera la même que l’année d’avant. Mais pour les plus petits, c’est plus compliqué. Difficile de choisir ce qui lui correspondra le mieux quand il ne le sait pas lui-même ! Étant actuellement en pleine recherche également pour mon grand, voici un petit guide pour y voir plus clair.

Prendre les contraintes en compte

L’une des premières choses à prendre en compte avant le choix de la discipline est notre disponibilité ainsi que celle de notre enfant. Il y a plusieurs questions auxquelles répondre qui peuvent nous aiguiller :

  • Quel temps de trajet est-on prêt à parcourir chaque semaine durant plusieurs mois pour emmener notre enfant ?
  • Quels sont les créneaux horaires les plus adaptés ?
  • Est-on prêt à aller à des compétitions ? Et notre enfant ?
  • Quel est notre budget ?
  • Souhaite-t-on participer avec lui pour renforcer nos liens ou le déposer pour qu’il s’épanouisse sans nous ?
  • L’enfant a-t-il des préférences ou au contraire des aversions pour une ou plusieurs activités ?

Ces réponses devraient déjà éclaircir un peu nos horizons. En effet, inutile de l’inscrire à la piscine avec présence d’adulte obligatoire si on a pas envie d’y aller, ou de faire vingt minutes de route pour une activité d’une heure. Pour les horaires, attention aux activités qui commencent trop tôt et prennent sur le temps de sommeil si précieux de nos bouts de choux ! Et si le but est juste qu’il fasse une activité physique, pourquoi ne pas plutôt en faire avec lui en diversifiant les activités ? Une promenade au parc une semaine, une partie de ballon la semaine d’après… Tout dépend du but recherché !

Adapter l’activité à l’âge de l’enfant

Un enfant colorie des dessins
Un enfant apprend à colorier sans dépasser. ©Pixabay

La seconde chose importante à prendre en compte est son âge ! Un enfant de quatre ans ne pourra pas faire les mêmes activités qu’un enfant de sept ans. Si vous avez dans l’idée d’inscrire votre enfant à une activité extra-scolaire un jour – et je crois que vous êtes là pour ça -, sachez qu’il est bien de commencer avant six ans. Alors pourquoi cet âge là ? Car pour les enfants entre trois et six ans environ, on a la possibilité de ne pas faire une seule activité mais plein différentes et le tout pour moins cher.

Comment ? Bon nombre d’organismes proposent non pas de s’inscrire à une activité en particulier mais à un éveil sportif. Et pour y prétendre , il faut se situer dans une certaine tranche d’âge car les inscriptions se font par année de naissance. Ainsi notre enfant se retrouvera avec d’autres de son âge. L’éveil peut tout aussi bien être sportif que musical !

Concrètement, on inscrit notre enfant au conservatoire ou à la salle de sport, ou même via la mairie de notre ville. Les séances se déroulent ensuite comme une activité particulière : une fois par semaine dans un même lieu. La différence se situe dans le fait qu’il s’agit d’une découverte. Le bout de chou y apprendra ainsi les bases en jouant. Voici ce qui est développé selon leur âge :

Avant 3 ans

À cet âge les bout de choux apprennent par imitation. Avec eux, si on peut, l’idéal est une activité avec le parent. Ce sera beaucoup plus enrichissant pour eux. Dans le cas contraire, pas de panique ! Notre enfant peut parfaitement s’initier à la gym ou découvrir l’univers musical sans son papa et sa maman. Il est très curieux et peut aussi nous surprendre en n’ayant pas besoin de nous.

Entre 3 et 4 ans

C’est l’âge auquel les enfants développent leur motricité. L’idéal pour les inscrire à des activités qui mobilisent tout le corps, en faisant sauter la barrière de genre. Le football ou la danse sont adaptés à tous les enfants, peut importe leur sexe ! On peut aussi essayer des activités mixtes comme la cuisine ou le théâtre. L’important ici est de jouer en affinant sa motricité.

Entre 4 et 6 ans

La variété est l’objectif de cette tranche d’âge ! C’est ici que les inscriptions aux multi sport ou l’éveil musical prendront tout leur sens et seront d’avantage proposées. L’enfant devient plus autonome mais n’est pas encore assez âgé pour faire des compétitions. Il est par contre assez vieux à cinq ans pour commencer à faire des gammes en restant assis pendant une demie heure. Il apprend la patience et peut désormais jouer en équipe, attendre son tour.

Et pour tous ceux avant six ans, il ne vaut mieux pas avoir plus de deux activités par semaine. Car ça deviendrait plus une contrainte, une source de stress, qu’un plaisir ! De plus, il ne faut pas oublier qu’un enfant doit avoir des temps libres afin de se divertir et se développer à son rythme, selon ses envies.

Pour les plus de six ans qui n’ont pas fait d’éveil et ne savent pas quoi choisir en activité unique, pourquoi ne pas choisir selon son caractère ?

Choisir l’activité selon sa personnalité

Le multisport et l’éveil musical proposés avant six ans permettent de « débroussailler » le terrain et de voir ce que notre enfant préfère, ce à quoi il est plus doué. Car après cet âge il est plus difficile de trouver des activités multiples. L’enfant se tourne alors vers l’activité où il a de meilleures capacités. Mais pour le savoir, encore faut-il avoir essayé différentes choses ! Si on a raté l’éveil avant six ans et qu’on ne sait pas vers quoi se tourner, il est difficile de choisir une seule chose parmi toutes celles proposées. Voici donc quelques pistes.

Les activités sportives

Le sport collectif apprend l'esprit d'équipe.
Les sports collectifs apprennent à jouer en groupe. ©Pixabay
  • Les sports collectifs comme le football, le rugby, le basket permettent de renforcer l’esprit d’équipe. Un enfant dans la lune devra revenir à l’instant présent pour son équipe. Ici chacun est au même niveau et a besoin des uns et des autres pour gagner. Idéal pour un chef de bande qui va assimiler les règles comme tout le monde et non plus les imposer. Le petit désobéissant va comprendre qu’il y a des règles partout, pas seulement à la maison. Et l’enfant devant s’y plier assimile vite qu’elles sont utiles.
    À éviter avec un bouc émissaire ! À la moindre erreur, l’équipe risque de se retourner contre lui. Pour un enfant cherchant la bagarre, c’est à éviter également. Sauf si on l’intègre progressivement en prévenant l’animateur. Car sinon, attention aux gestes violents envers les autres à cause de la frustration.
  • Les sports de combat comme le judo apprennent à respecter les autres. C’est ici que le petit bagarreur du dessus va canaliser le mieux son agressivité. On apprend à se dépenser physiquement sans blesser les autres. Un enfant malmené par les autres y trouvera aussi sa place, en apprenant à se défendre et à s’imposer physiquement. Ça lui redonnera ainsi confiance en lui. On évite les sports de combats avec les timides déjà pas très à l’aise avec les autres sans contacts physiques. Les maladroits seront aussi mal à l’aise et risquent de blesser leurs camarades.
  • La natation permet de retrouver l’harmonie avec son propre corps. La sensation de mieux coordonner ses mouvements est parfaitement adaptée à un enfant maladroit.
  • La danse demande une grande rigueur. Un enfant ayant du mal à obéir à ses parents apprendra qu’on ne peut se soustraire à certaines règles, surtout lors de ballets. Cette activité de grande concentration n’est par contre pas adaptée à un enfant rêveur, tout comme l’acrobatie et la gymnastique. Il risque de se blesser, ou de faire mal à quelqu’un d’autre.

Les activités artistiques et manuelles

Un enfant joue du piano
Le choix d’un instrument peut se faire à partir de cinq ans. ©Pixabay
  • L’école du cirque propose un vaste choix d’activités ! Un bout de chou peu à l’aise avec ses aptitudes trouvera forcément quelque chose adapté pour lui et ses capacités physiques. Même si c’est pour être clown. Il y apprendra aussi l’équilibre et développera ses repères spatio-temporels. Et comme au cirque on prend aussi conscience que seul on arrive à rien, un enfant un tantinet tyrannique avec les autres devra se temporiser pour faire confiance à ses camarades.
  • Le théâtre est aussi idéal pour lui qui aime tout contrôler car il apprendra ainsi à laisser un temps de parole et à écouter ses partenaires. Ce temps d’écoute permet ainsi à un petit maltraité par les autres de se mettre en lumière. Il va s’affirmer, découvrir comment bouger devant ses camarades et développer son langage. Des paroles et une confiance en lui qui lui seront utiles pour répondre aux sarcasmes et sortir du statut de bouc émissaire. Contrairement aux idées reçues, ce n’est par contre pas adapté aux timides ! Les brusquer et les forcer à s’exprimer devant des personnes qu’il ne connaissent pas ne feront que les replier sur eux-mêmes.
  • Les travaux manuels se déroulant dans une atmosphère calme les mettront bien plus à l’aise. Ils pourront s’exprimer sans avoir forcément recours à la parole. L’introverti y trouvera aussi son compte. La mosaïque, le dessin ou la poterie permettent d’être dans une ambiance joyeuse et collective tout en se concentrant sur son univers intérieur. Ça permet aussi de travailler son attention et sa précision. Les plus chahuteurs se sentiront par contre perdus dans ces activités solitaires, où ils seront livrés à eux-mêmes sans cadre rassurant.
  • Le chant permet de vider son trop plein d’énergie tout en développant son langage. Un enfant bagarreur peut de cette façon apprendre à mettre des mots sur ses émotions plutôt que les poings. Écouter de la musique ne requiert pas vraiment de capacités physiques et l’enfant peu habile avec son corps pourra donc y trouver sa place.

Les autres activités

Un enfant brosse un poney
S’occuper d’un poney permet de se canaliser. ©Pixabay
  • Avec un poney, on comprend que les rapports de force n’ont pas leur place. L’enfant apprend la bienveillance en prenant soin de sa monture. Les plus agressifs vont mesurer leurs gestes et s’apaiser eux-mêmes en même temps que l’animal. Pour un enfant timide, côtoyer un être vivant qui ne le juge pas va lui permettre de prendre confiance en lui et dominer ses peurs.
  • L’éveil à l’anglais permet aussi de lui redonner confiance car tous les enfants sont au même niveau !
  • Quant aux échecs, ça peut être une manière de se mesurer à un adversaire autrement qu’en se frappant. Le petit chahuteur livrera des combats mentaux ! Attention par contre à celui qui aime dominer les autres, car s’il est bon il risque de se sentir sur-puissant et cela ne fera qu’empirer ses relations avec ses camarades.

Petit plus z’aine : Cette activité extra-scolaire est pour notre enfant avant tout. Certaines peuvent correspondre à son caractère mais ne pas lui plaire. Inutile de le forcer à la faire, même si l’on pense que ça peut « lui faire du bien ». Attention aussi aux vocations ratées, nos enfants ne sont pas des mini-nous et ont leur propres désirs, ce qui nous plaisait peut très bien ne pas leur convenir. Et ils en ont le droit…

Et si on hésite sur deux activités différentes ?

On a lu de nombreux livres, s’est renseigné auprès de plusieurs personnes et notre enfant ne semble pas vouloir se décider pour une activité en particulier. Comme dit plus haut, il est difficile de choisir lorsqu’on ne connaît pas ! Surtout si les activités multiples ne sont plus à l’ordre du jour à cause de l’âge… Alors dans ce cas, rien de mieux que de profiter des portes ouvertes. Si je vous en parle maintenant c’est qu’elles se font en ce moment !

Mon fils aux portes ouvertes du conservatoire
Mon grand aux portes ouvertes du conservatoire. ©Plus z’aine

Mon grand est dans l’année de ses six ans, et lors de chaque vacances scolaires nous l’avons inscrit à des activités différentes. C’est notre ville qui propose cela, un coût de moins de trois euros pour une heure d’éveil. Il a fait du tir à l’arc, du football, de l’escalade… Tout au long de l’année scolaire écoulée, dans le but de l’aider à choisir pour l’année prochaine. Mais lorsqu’on lui demande ce qu’il préfère, la réponse est très pratique : « tout » ! Il nous avait parlé dans un premier temps de faire du foot, mais en tant que gardien. Et nous avons eu aussi un rendez-vous avec la maîtresse où il en était ressorti qu’il a le sens du rythme. Et il est vrai qu’au marché de Noël il m’avait vraiment épatée à danser devant les musiciens venus pour l’occasion ! Sauf que voilà, les deux ayant l’air bien pour lui, difficile de choisir…

Nous sommes donc allés samedi dernier aux portes ouvertes du conservatoire. Il a pu toucher à quelques instruments et visiter différentes salles. Il a maintenant l’air décidé pour la batterie ! Et avait vraiment le sourire aux lèvres lorsqu’il a pu y toucher. Donc nous avons décidé pour l’année scolaire à venir de l’inscrire à deux choses : un éveil musical ainsi qu’un éveil sportif. Les deux réunis coûtent moins chers qu’une licence à l’année. Grâce à cela, l’année prochaine il aura toutes les cartes en mains (et l’âge !) pour choisir une seule activité. Et au moins on sera sûrs que ça lui plaira vraiment. Ce qui peut éviter de quitter quelque chose en milieu d’année !

Voilà en ce qui nous concerne ! Et vous, est-ce que cet article vous a éclairés ? Aviez-vous déjà des idées d’activités pour vos enfants ? Est-ce que ça a confirmé un choix ou au contraire écarté un autre ? Je vous conseille vraiment de faire les portes ouvertes, pour rencontrer les intervenants et se familiariser avec les lieux. Nous on note sous le coude le football en tant que gardien ainsi que les percussions et surtout la batterie. On verra ce qu’il pensera de ces deux activités au cours de l’année à venir. Les inscriptions se font au mois d’août, ne les ratons pas ! Et par dessus tout il ne faut pas oublier que le but principal est que nos enfants y prennent du plaisir ! Et qu’au final, ce sont à eux de choisir.

Sources : Les magazines « Parents » n° 554 et 572 ainsi que mes propres expériences

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